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NADINE OYA, FEMME PILOTE D'HELICOPTERE A LA REUNION

Rencontre avec Nadine OYA, femme pilote d'hélicoptère à la Réunion

Nadine OYA
(Photo Alain DUPUIS)
 
Nadine OYA, 37 ans, 1700 heures de vol sur hélicoptère, est la seule femme pilote professionnel d’hélicoptère civil à travailler à la Réunion au sein d’HELILAGON.

Pilote professionnel civil d'hélicoptère, le métier est déjà difficilement accessible aux hommes. Pour des questions d'assurance, une compagnie comme HELILAGON exige à l'embauche un minimum de 1500 heures de vol.

Du Canada, où elle a débuté sa formation, à la Réunion, où elle vole aujourd'hui chez HELILAGON, en passant par les Alpes et Monaco, Nadine OYA, 37 ans, 1700 heures de vol, a su à la force du poignet se faire sa place dans ce monde exigeant. Récit d'un parcours où l'optimisme allié à une volonté de fer a permis à Nadine de réaliser son rêve d'adolescente.

Lorsqu’elle atterrit sur l’héliport de l’Éperon aux commandes d’un Écureuil d’HELILAGON, ses passagers applaudissent. Les habitants de Mafate l’ont adoptée et à chacun de ses posers dans le cirque, Nadine OYA est accueillie chaleureusement. A 37 ans, avec dans son carnet 1700 heures de vol, Nadine est la seule réunionnaise pilote professionnel d’hélicoptère à travailler à HELILAGON. Elle est même la seule femme “civile” à piloter professionnellement des voilures tournantes dans notre île. Jusqu’à présent, seuls les Fennec de la base aérienne 181 avaient eu le privilège d’accueillir des pilotes professionnels féminins issus de la filière militaire. Nadine, elle, a choisi le parcours d’obstacles de la voie civile sur laquelle butent nombre de candidats masculins. Mais, et nous le verrons, Nadine a un atout précieux, une volonté de fer qui lui a permis de franchir non sans difficultés parfois toutes les haies qui se sont dressées devant elle. A HELILAGON, ses onze collègues sont tous des hommes. “Pour des questions d’assurance, explique Jean-Marie LAVAIVRE, PDG de la compagnie d’hélicoptères, nous ne pouvons pas embaucher de pilotes ayant moins de 1500 heures de vol à leur actif. Il y a encore deux ans, c’était même 2000 heures. En ajoutant le prix de la formation, de l’ordre de 60 000 euros pour un brevet de pilote professionnel, il est extrêmement difficile à un civil d’accumuler autant d’heures. Ceci explique que tous ceux qui travaillent chez nous soient d’anciens de l’aviation légère de l’armée de terre. Nadine est une exception.” Exception ou pas, la jeune femme a dû comme les autres montrer de quoi elle était capable. “Il n’était pas imaginable que l’on me fasse de cadeaux, confirme-t-elle. On a exigé de moi ce que l’on demande à tous ceux qui postulent à HELILAGON comme pilote. Il me fallait être, comme eux, professionnel.”

1500 HEURES A L'EMBAUCHE

HELILAGON
(Photo HELILAGON)

 
“Les conditions de vol à la Réunion sont très particulières, complète Jean-Marie LAVAIVRE. Nous évoluons le plus souvent au milieu des montagnes. En outre, dans un hélicoptère, le pilote est seul à bord. Il doit être en mesure de maîtriser toutes les situations. Le nombre d’heures de vol n’est pas tout. Il faut être à l’aise. Nous avons eu un ancien pilote militaire de l’ALAT qui avait 5000 heures de vol. Il nous a quittés au bout d’une semaine. Il ne se sentait pas à l’aise en montagne”. Nadine a donc dû, comme les autres, affronter entre autres choses l’auto-rotation, une manœuvre impressionnante où, turbine coupée, l’hélicoptère descend à la verticale, les pales faisant parachute, ou encore la panne hydraulique totale, où l’Écureuil doit littéralement se piloter à bout de bras.

Aujourd’hui, Nadine remplit exactement les mêmes missions que ses collègues masculins, à l’exception du transport de charges. A HELILAGON, ils ne sont que trois pilotes à les effectuer. Survols touristiques, évacuations sanitaires, posers dans Mafate, Nadine sillonne le ciel de notre île. “Je n’ai pas eu de refus d’embarquer, même si les gens sont parfois surpris, confie-t-elle. A l’atterrissage mes passagers applaudissent”. Nadine est née à Issy-les-Moulineaux. Du côté paternel, c’est une Rivière, un patronyme que l’on retrouve du nord au sud de notre île. Du côté de maman, c’est du sang espagnol qui coule dans ses veines. La jeune femme partage son enfance et son adolescence entre la métropole et la Réunion. Son parcours scolaire fait le même grand écart. Pendant sa terminale, sur un coup de tête, elle abandonne ses études. “Je m’ennuyais en classe, avoue-t-elle. Cela ne m’intéressait pas”. Nadine accumule les petits boulots dans l’administration, la banque, sans vraiment savoir ce qu’elle veut faire de sa vie. “J’avais au moins une certitude, poursuit-elle. Je ferais quelque chose qui me passionnerait, un travail qui me plairait vraiment”. Les hélicoptères sont alors bien loin de ses préoccupations. Dans sa famille, il n’y a pas de pilotes, qu’ils soient d’avions ou de voilures tournantes. L’un de ses frères est mécanicien automobile.

“FAIRE QUELQUE CHOSE QUI ME PASSIONNERAIT”

Et puis, il y a un déclic. “Nous étions en 1986, raconte Nadine. Mon père travaillait à TDF. Il y avait une journée portes ouvertes à Pierrefonds. J’ai effectué mon baptême de l’air sur un Transall et j’ai eu l’occasion d’aller faire un tour dans le cockpit”. C’est le coup de foudre, non pas pour les avions mais pour les hélicoptères. “Ces machines me fascinaient, explique Nadine. Elles me donnaient un sentiment de liberté”. Tout cela est encore un peu confus dans l’esprit de la jeune femme. L’année suivante, Nadine saute le pas et effectue son premier vol, mais en tant que passagère, sur un hélicoptère d’HELILAGON déjà. En ce milieu des années 80, devenir pilote privé d’hélicoptère à la Réunion est chose quasi impossible. Il n’y a pas d’instructeur. La voie royale consisterait à intégrer l’armée de l’air, mais Nadine ne se voit pas endossant l’uniforme. “Pas grand-chose ne m’intéressait, avoue-t-elle. Le pilotage d’avions d’aéro-clubs ne m’attirait pas et puis, de toute façon, je ne disposais pas d’énormément de moyens financiers”. Le salut viendra de la métropole. Nadine se retrouve à Bourges. A proximité fonctionne un aéro-club sur lequel est basé une petite société d’hélicoptères. A l’aide d’un Hughes 300, SAT HELI pratique l’épandage agricole et un peu d’école. “J’ai rencontré l’instructeur, poursuit Nadine. Il m’a demandé si j’avais fait un peu d’avion. Je lui a répondu que non”. Mais Nadine n’est pas de celle que l’on fait renoncer facilement. “Lorsque j’ai une idée dans la tête, confirme-t-elle, je vais jusqu’au bout”. Dès cet instant, sans se douter des difficultés qui l’attendent, la jeune femme sent qu’elle a trouvé son étoile. Elle sera pilote d’hélicoptère.

UN BAPTEME DE L'AIR MAGIQUE

Tout commence par un vol d’initiation à bord du Hughes 300 de SAT HELI. “Cela a été magique, se souvient Nadine, enthousiasmée. Dès cet instant, j’ai su que ce serait ça ou rien du tout et je suis têtue. L’intuition que j’avais de l’hélicoptère s’est confirmée. J’ai pris la dimension de ce que l’on pouvait faire avec une telle machine”. L’instructeur ne partage pas l’enthousiasme de Nadine. “Réaliste, reconnaît-t-elle, il m’a mise en garde en me présentant un monde difficilement accessible. J’accumulais tous les désavantages. Je partais de zéro, je ne connaissais personne et je n’avais pas beaucoup de moyens financiers.” Il en faut plus pour décourager Nadine. “Ma devise aurait pu être : qui veut, peut, ironise-t-elle. Jamais je ne me suis dit que je n’y arriverai pas même si je n’imaginais pas la somme d’obstacles qui allait se dresser devant moi. Aujourd’hui, je mesure le chemin parcouru. Mais, rien ne s’est fait tout seul”. En cette année 1994, un héritage paternel permet à Nadine de se payer son brevet de pilote privé d’hélicoptère. “Il me fallait maintenant trouver le moyen de devenir pilote professionnel”. SAT HELI a des chantiers d’épandage agricole dans toute la France. Il faut convoyer le Hughes 300. Nadine s’y attelle avec comme objectif d’accumuler les 150 heures de vol indispensables à l’obtention du brevet de pilote professionnel. Entre deux vols, elle n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis. “J’aidais à faire de la mécanique, confirme-t-elle. J’ai acquis ainsi une connaissance différente de l’hélicoptère qui m’a été utile par la suite”. Quand elle retrouve la Réunion en 1995, Nadine a dans ses bagages 25 heures d’hélicoptère et 40 heures d’avion. A HELI BLUE, elle renoue avec le Hughes 300. Il lui faut trouver 400 000 francs de l’époque pour passer son brevet de pilote professionnel de voilures tournantes. La jeune femme est à la croisée des chemins. Elle vient d’avoir 25 ans, l’âge limite pour embrasser une carrière militaire. De toute façon, ce n’est pas son truc et il lui faudrait tout reprendre à zéro, l’expérience acquise comme pilote civil ne compte pas.

LA VOIE CANADIENNE

C’est alors que lui tombe sous les yeux une publicité sur le Canada. Nadine décide de tenter l’aventure. En quatre mois, elle obtient son brevet canadien de pilote professionnel canadien d’hélicoptère toujours, sur Hughes 300. Son compteur affiche alors 100 heures de vol. “Une misère, analyse-t-elle, lucide. Personne n’aurait été assez fou pour m’engager. Certes j’avais ma licence, mais j’avais encore beaucoup à apprendre. Il me manquait ce qui fait la différence : l’expérience”. Nadine demande à HELI NORTH, la compagnie canadienne où elle a fait ses classes, de faire des baptêmes de l’air. “Je n’étais pas payé, poursuit-elle. Je logeais dans un mobile home. Je travaillais comme mécano dans les hangars et j’apprenais l’anglais. Cela a été une véritable aventure. L’accueil des Canadiens a été extrêmement chaleureux. Ils sont très hospitaliers. Nous formions une véritable famille”. La jeune femme s’accroche. Elle fait son trou. Au cours de sa deuxième année au Canada, elle est envoyée à Moosinine. “Avec un Long Ranger, je transportais des Indiens, explique-t-elle. Ils sont complètement enclavés et la voie des airs est le seul moyen rapide de se déplacer. Petit à petit, j’engrangeais des heures et je gagnais la confiance des gens”. Voyant sa détermination, son ancien instructeur lui propose enfin un véritable emploi. Nadine s’envole pour Sept îles, au nord du Québec, sur les rives du Saint-Laurent. “Avec un Jet Ranger, je transportais des gens venus taquiner le saumon à la mouche, raconte-t-elle. Au retour, je ramenais du poisson. Je devais me débrouiller seul. Je me ravitaillais en carburant auprès de caches que nous avions aménagées. Il me fallait déplacer des bidons de 200 litres de kérosène. Ce séjour au Canada m’a énormément apporté. Ils sont beaucoup plus exigeants qu’en France. Les choses doivent être faites très vite. C’est aussi un milieu très machiste.” Nadine survole en permanence des paysages somptueux. “Je voulais rester là-bas, confie-t-elle. C’était l’aventure, un véritable espace de liberté. Le travail était passionnant”. Des difficultés administratives dans le renouvellement de son visa en décident autrement. En 1997-98, Nadine est de retour à la Réunion.

MECANO EN ATTENDANT MIEUX

Elle n’a en portefeuille que 400 heures de vol sur hélicoptère. Insuffisant pour postuler comme pilote dans une compagnie locale. Elle doit se contenter d’un job d’apprenti mécanicien à HELI REUNION. Autre écueil, sa licence canadienne n’est pas reconnue en France. “J’ai envoyé des CV à Maurice, à Monaco où la licence canadienne est reconnue”. Nadine a alors l’idée de monter un dossier Fongecif Réunion. Ce fonds alimenté par les cotisations des entreprises privées réunionnaises permet, après examen positif du dossier par une commission, de bénéficier d’un salaire et d’une formation payée. Le dossier de Nadine est retenu. Elle fait établir plusieurs devis et retient MONT BLANC HELICOPTERES à Annemasse. “Il était un peu plus cher mais pratiquait le vol en montagne et surtout il possédait des Écureuils. C’est une machine de rêve, puissante, rapide et fiable. Le Jet Ranger sur lequel je volais précédemment était juste en puissance. Avec lui, on apprenait à regarder en permanence la vitesse et à respecter les limites. Sur un CV, le Jet Ranger est un plus”. Entre 1999 et 2000, à Annemasse, Nadine effectue sa reconversion française. Coût de l’opération : 60 000 euros. A son pilote professionnel français, la jeune femme ajoute un stage instructeur et une qualification IFR (vol aux instruments) théorique. En mars 2000, Nadine est pilote professionnel d’hélicoptère français. “Entre-temps, j’avais fait la connaissance de beaucoup de gens, poursuit-t-elle. Le monde de l’hélicoptère est finalement assez petit. Tout le monde se connaît plus ou moins. Régulièrement je me rappelais au bon souvenir d’HELI REUNION et d’HELILAGON. J’avais une règle d’or : ne jamais me faire oublier”. A l’issue de sa formation, Nadine se retrouve face à deux propositions. Ou travailler pour un privé propriétaire de son propre hélicoptère ou accepter l’offre de son instructeur, Gilles Schweizer, d’aller travailler avec lui sur la Côte d’Azur à Saint-Tropez, où MONT BLANC HELICOPTERES possède une base.

PREMIERE FEMME CHEZ HELI AIR MONACO

"J’avais encore beaucoup de choses à apprendre, reconnaît Nadine. L’expérience d’un pilote comme Gilles Schweizer pouvait beaucoup m’apporter”. Ce sera donc la Côte d’Azur et le transport de passagers entre l’aéroport de Nice et Saint-Tropez. A la fin de son contrat, elle reste sur place. “C’est l’endroit de France où on vole le plus en hélicoptère, explique-t-elle, et j’avais besoin d’accumuler des heures de vol”. Fidèle à sa devise de ne jamais se faire oublier, Nadine garde le contact avec le chef pilote d’HELI AIR MONACO. Elle prend tout de même le temps de fonder une famille. Nadine n’a que 800 à 900 heures de vol dans son carnet. A HELI AIR MONACO, le postulant doit justifier de 2500 heures. “Mais voilà, confie Nadine, Lucien COLIN, chef pilote de la compagnie, voulait absolument une femme pilote. Même au Canada j’avais toujours gardé le contact avec lui”. Nadine a désormais le pied à l’étrier. “A HELI AIR MONACO, on vole beaucoup, poursuit-t-elle. D’un coup, mon nombre d’heures s’est mis à grimper en flèche”. La jeune femme prend ses quartiers à Grimaud et bénéficie même du privilège de pouvoir baser un Écureuil de la compagnie dans son jardin d’où elle décolle chaque matin pour ses rotations. HELI AIR MONACO lui propose un contrat à durée indéterminée mais Nadine choisit de privilégier sa vie de famille et intègre HELI SECURITE, à cinq minutes de chez elle. Elle franchit le cap des 1500 heures de vol et revient frapper à la porte d’HELILAGON. Il lui manque 500 heures. Ce sera chose faite en octobre de l’année dernière et Nadine, après avoir satisfait aux tests en vol, intègre la compagnie.

Nadine OYA
(Photo Alain DUPUIS)
 
Depuis, elle vole indifféremment sur les neuf Écureuil, six biturbines et trois monoturbine, qui composent la flotte d’HELILAGON. Sa qualification biturbine, elle l’a passée à la Réunion. Mesurant le chemin parcouru, Nadine avoue y avoir toujours cru, même dans les moments les plus difficiles. : “Je suis incurablement optimiste et je me disais que les portes finiraient toujours par s’ouvrir”.

 


Cet article est paru initialement sur www.clicanoo.com,
le journal de l'île de la Réunion, le 5 juin 2005.
Nous remercions son auteur Alain DUPUIS ainsi que la Rédaction de CLICANOO de nous avoir autoriser à le publier sur HELICO PASSION

 








 
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Dernière mise à jour de cette page le 4 août 2005
Remerciements à Alain DUPUIS et à la Rédaction de CLICANOO pour leur autorisation de publication
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