
CH-47J Chinook de la JASDF à Iruma
Le CH-47J Chinook de l'Armée de l'Air japonaise, photographié en vol lors de son retour sur la base aérienne d'Iruma, le 14 octobre 2026
Les hélicoptères CH-47J et CH-47JA Chinook des forces d'autodéfense japonaises : versions, missions et utilisation au sein de la JASDF et de la JGSDF.
Les CH-47J et CH-47JA japonais sont construits sous licence par Kawasaki Heavy Industries, dans le cadre d'un partenariat industriel avec Boeing. La fabrication du CH-47J (dérivé du CH-47D américain) a débuté en 1984, suivie de celle du CH-47JA en 1993. En janvier 2017, Kawasaki livrait son centième Chinook aux forces d'autodéfense japonaises.
Le Chinook est utilisé par deux composantes des forces d'autodéfense japonaises : l'Armée de l'Air (JASDF) et l'Armée de Terre (JGSDF). La première exploite des CH-47J, tandis que la seconde dispose de CH-47J et de CH-47JA.
La JASDF utilise le CH-47J Chinook depuis les années 1980 pour assurer le transport de personnel et de matériel entre les bases aériennes et vers les stations radar isolées. Elle intervient également lors des catastrophes naturelles pour l'acheminement de secours et l'évacuation de sinistrés.
La JASDF a reçu son premier CH-47J en 1986. Au 31 mars 2025, elle disposait de 15 appareils, répartis entre quatre unités basées à Iruma, Misawa, Kasuga et Naha. L'unité d'Iruma assure également la formation des pilotes et des mécaniciens de Chinook.
(Illustration Helicopassion avec IA) Hélicoptère CH-47J de la JASDF, en camouflage sable - vert - vert sombre - terre

(Photo Masa)
(Photo Stéphane Gimard - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
La JGSDF a adopté le CH-47J dans les années 1980 pour remplacer progressivement ses Kawasaki-Vertol KV-107 et renforcer ses capacités de transport tactique. Le Chinook permet l'acheminement de troupes, de véhicules et de matériels lourds, ainsi que le soutien des opérations de secours.
À partir de 1995, la JGSDF a également acquis le CH-47JA, version améliorée du CH-47J destinée notamment aux missions à longue distance. Ses réservoirs latéraux agrandis portent son autonomie de 540 à 1 040 km. Il se reconnaît également à son nez noir abritant un radar météorologique et à son train avant légèrement avancé. Le Livre blanc japonais de la Défense recensait 49 CH-47J/JA au 31 mars 2024.
Les Chinook de l'Armée de Terre japonaise sont répartis entre plusieurs unités, avec une importante concentration à Kisarazu, où sont stationnés les escadrons de transport lourd de la 1re brigade d'hélicoptères. D'autres appareils sont basés notamment à Soumagahara, Miho, Takayubaru et Naha, tandis que l'école d'aviation d'Akeno utilise également des CH-47 pour la formation des équipages.
(Photo Stéphane Gimard - Helicopassion) CH-47J Chinook de la JGSDF : contrairement au CH-47JA, son nez ne comporte pas de radar météorologique et conserve la même peinture de camouflage que le reste du fuselage
(Photo André Bour - Helicopassion) CH-47J Chinook de la JGSDF, Kasumigaura, 2012
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo Mike Leonard - Helicopassion) CH-47J Chinook de la JGSDF, Narashino, 2012
(Illustration Helicopassion avec IA) Hélicoptère CH-47JA de la JGSDF
(Photo Stéphane Gimard - Helicopassion) Hélicoptère CH47JA Chinook de l'Armée de Terre japonaise (JGSDF), en camouflage terre-vert-traits noirs
(Photo Stéphane Gimard - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo Mike Leonard) CH-47JA Chinook du 103e escadron de la JGSDF, basé à Kisarazu et identifiable à son marquage HGPIII. L'appareil est équipé d'une mitrailleuse
(Illustration Helicopassion avec IA) CH-47J Chinook de la JGSDF en camouflage hivernal et équipé de skis pour opérer sur des terrains recouverts de neige
Lors des exercices hivernaux, certains CH-47J de l'Armée de Terre japonaise reçoivent un camouflage blanc destiné à réduire leur visibilité dans les paysages enneigés. Cette livrée temporaire est appliquée à un nombre limité d'appareils selon les besoins des unités. Il ne s'agit donc pas d'une flotte spécialement affectée aux opérations hivernales.
En 2025, le Japon a annoncé l'acquisition de 17 Chinook Block II similaires au CH-47F Block II américain, dont 12 CH-47JA destinés à la JGSDF et 5 CH-47J à la JASDF. Coproduits par Boeing et Kawasaki, ces nouveaux appareils bénéficient notamment d'un fuselage renforcé, de nouvelles pales, un système de carburant redessiné et des commandes de vol numériques. Ils doivent progressivement remplacer une partie des Chinook actuellement en service.
Les CH-47 Chinook de l'Armée de Terre japonaise peuvent être embarqués à bord des navires de transport de la Marine japonaise (JMSDF), notamment ceux de la classe Ōsumi, qui disposent d'un pont d'envol adapté aux hélicoptères lourds. Cette capacité permet de projeter les appareils et leurs équipages à grande distance, notamment vers les îles du Pacifique, puis d'assurer des missions de transport et de secours depuis les navires ou des bases à terre. Elle a notamment été mise à profit lors des interventions en Indonésie en 2005 et 2026, ainsi qu'aux Tonga en 2022.
(Photo Kenneth Melseth - US Navy) Un CH-47JA Chinook de l'Armée de Terre japonaise (JGSDF) décolle du pont d'envol de l'USS America (LHA 6) lors de l'exercice Talisman Sabre, 21 juillet 2025
(Photo Cole Pursley - US Navy)
Après le séisme et le tsunami du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien, le Japon déploie trois CH-47JA Chinook et deux UH-60JA Black Hawk de la JGSDF pour participer aux opérations de secours dans la province d'Aceh, sur l'île de Sumatra. Transportés à bord du navire Kunisaki, arrivé au large de Banda Aceh le 24 janvier 2005, les hélicoptères assurent l'acheminement de personnel et de matériel vers les zones sinistrées, en soutien aux équipes médicales et humanitaires.
À la suite des importantes inondations qui frappent le Pakistan à l'été 2010, le Japon déploie des hélicoptères CH-47J Chinook et UH-1J Huey de la JGSDF pour participer aux opérations de secours. Deux Chinook sont notamment acheminés par le navire de transport Shimokita. Sur place, les hélicoptères assurent l'acheminement de personnel et de matériel vers les régions sinistrées.
(Illustration Helicopassion avec IA, d'après des photographies d'archives) Le 17 mars 2011, un CH-47 Chinook de l'Armée de Terre japonaise largue de l'eau de mer sur la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, pour tenter de refroidir les installations endommagées
Le 17 mars 2011, six jours après le séisme et le tsunami qui ont provoqué l'accident nucléaire de Fukushima Daiichi, deux CH-47 Chinook de l'Armée de Terre japonaise interviennent au-dessus de la centrale endommagée. Pour réduire l'exposition des équipages aux radiations, des plaques de plomb ont été installées sur le plancher des hélicoptères. Ils effectuent quatre largages de 7,5 tonnes d'eau au-dessus du bâtiment du réacteur n°3, afin de tenter de refroidir le combustible nucléaire entreposé dans un bassin de stockage, exposé à l'air libre après une explosion d'hydrogène. En raison de l'altitude imposée par les risques d'irradiation et de la dispersion de l'eau sous l'effet du vent, les largages ne permettent pas d'obtenir un refroidissement suffisant. D'autres moyens prennent alors le relais.
En janvier 2022, deux CH-47 Chinook de la JGSDF sont déployés aux Tonga après l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha'apai et le tsunami qui s'ensuit. Transportés à bord du navire Ōsumi, ils participent à l'acheminement de matériel et de fournitures de secours vers les îles sinistrées.
(Illustration Helicopassion avec IA, d'après une photographie du ministère japonais de la Défense) Un CH-47 Chinook de l’Armée de Terre japonaise (JGSDF) prélève de l’eau à l’aide d’un Bambi Bucket suspendu sous élingue, lors des opérations de lutte contre les incendies de forêt en Indonésie, en septembre 2026
Du 16 au 29 septembre 2026, trois CH-47 Chinook de la JGSDF participent à une opération de lutte contre les incendies de forêt sur l'île de Bornéo, en Indonésie. Acheminés par le navire de transport Kunisaki, ils effectuent 56 missions de largage et déversent environ 280 tonnes d'eau sur les zones touchées. Cette intervention constitue la première opération internationale de lutte contre les incendies menée par les forces d'autodéfense japonaises.
Images : crédits sous chaque image - Rédaction : André Bour • Crédits & contributeurs
Mis à jour le 31 octobre 2026









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