
Kubinka 2014 - KA52 Alligator
Hélicoptères d'attaque KA52 Alligator de l'armée russe
Les hélicoptères Kamov KA50 Black Shark et KA52 Alligator : un dossier complet et largement illustré consacré à leur développement, leurs versions, leurs caractéristiques et leurs engagements opérationnels.
(Illustration Helicopassion, d'après une photographie d'André Bour · Modifiée par IA)
Hélicoptère d'attaque KA52 Alligator, avec ses 2 rotors coaxiaux contrarotatifs et ses 2 pilotes côte à côte
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Le KA50 Black Shark (code OTAN : Hokum A) est un hélicoptère d'attaque développé par Kamov à la fin des années 1980. Il se distingue par une conception particulièrement novatrice reposant sur deux rotors coaxiaux contrarotatifs et un unique pilote. Il donnera naissance au KA52 Alligator (Hokum B), une version biplace reprenant l'architecture générale du KA50.
(Illustration Helicopassion, d'après une photographie d'archives · Modifiée par IA)
Hélicoptère KA50 Black Shark de l'armée russe
Le système de deux rotors coaxiaux contrarotatifs, caractéristique des hélicoptères Kamov, supprime le rotor anticouple. Il améliore la maniabilité, utilise efficacement la puissance disponible et élimine la vulnérabilité d’un rotor de queue.
Le KA50 est le seul hélicoptère d'attaque de série conçu autour d'un pilote unique. Une avionique fortement automatisée doit limiter sa charge de travail. L'appareil reçoit aussi un siège éjectable, une première sur un hélicoptère de combat : des charges pyrotechniques libèrent les pales avant l'éjection. Les missions les plus complexes montrent toutefois les limites du monoplace et conduisent Kamov à privilégier le KA52 Alligator biplace.
KA50 : cockpit monoplace avec une verrière étroite.
KA52 : cockpit biplace côte à côte avec une verrière beaucoup plus large.
KA52M : extérieurement très proche du KA52, les différences portent principalement sur les capteurs et les équipements de mission.
Dimensions :

(Illustration Kamov)
Plan 3 vues de l'hélicoptère KA50

(Illustration Kamov)
Plan 3 vues de l'hélicoptère KA50-2

(Illustration Kamov)
Plan 3 vues de l'hélicoptère KA52

(Illustration Kamov)
Plan 3 vues de l'hélicoptère KA52K
Poids :
| KA50 | KA52 | |
|---|---|---|
| À vide | 9 800 kg | 10 400 kg |
| Masse maximale | 10 800 kg | 12 500 kg |
Vitesse : KA50 310 km/h, KA52 300 km/h
Autonomie : 460 km, 1200 km avec réservoirs supplémentaires
Equipage : Un pilote pour le KA50, deux pilotes pour le KA52

(Photo Kamov)
Cockpit du KA52 Alligator
Armement :
Autres :
(Illustration Revell)
Le 4e prototype du KA50, le n°014, en camouflage sable-vert-terre
(Photo Russian Helicopters)
Le premier KA50 de série, le n°018 en camouflage 3 tons de bruns
(Illustration Helicopassion · Modifiée par IA)
Comparaison des principaux motifs de camouflage du KA50 : prototype 014 en sable, vert et brun ; prototype en gris, crème et noir ; appareil de série n°25 en sable et vert ; appareil de série n°26 dans sa livrée noire.
Les profils présentés sont représentatifs des principaux schémas de camouflage observés sur les prototypes et les appareils de série. La forme et la répartition des motifs peuvent varier selon les sources, les périodes et les appareils.
12 KA50 ont été livrés de 1993 à 1995.
(Illustration Helicopassion, d'après un visuel d'Italeri · Modifiée par IA)
Hélicoptère d'attaque KA50 Black Shark en camouflage sable - vert de l'armée russe
(Illustration Helicopassion, d'après une photographie d'archives · Modifiée par IA)
Hélicoptère d'attaque KA50 Black Shark n°25 en camouflage sable - vert de l'armée russe
(Photo Max Bryansky)
Un des 3 derniers KA50 livrés à l'armée russe en 2009
(Illustration War Thunder)
Tir au canon par un hélicoptère KA50 Black Shark
(Illustration War Thunder)
Tir de roquette par un hélicoptère KA50 Black Shark
En décembre 2000, la Russie déploie en Tchétchénie un détachement expérimental baptisé BUG (Boyevaya Udarnaya Gruppa, « groupe de combat d'attaque »). Cette formation réunit deux hélicoptères d'attaque KA50 Black Shark (n°24 et n°25) et un KA29VPNTSU, chargé de la reconnaissance, du commandement et de la désignation d'objectifs. Les appareils opèrent depuis une base près de Grozny, frappant des positions insurgés en terrain montagneux.
L'objectif est d'évaluer en conditions réelles le concept imaginé par Kamov : un hélicoptère d'attaque monoplace épaulé par un appareil de commandement spécialisé afin de réduire la charge de travail du pilote tout en améliorant la coordination tactique.
(Illustration Helicopassion, d'après une photographie d'archives · Modifiée par IA)
Le groupe BUG en vol en Tchétchénie : deux KA50 Black Shark précédés par un KA29 de désignation d'objectifs. Cette illustration est réalisée d'après la seule photographie connue de cette formation en vol
Entre le 6 janvier et le 14 février 2001, le groupe effectue 76 sorties et plus de 63 heures de vol, tirant plus de 900 roquettes S-8, environ 1 600 obus de 30 mm et trois missiles Vikhr. Le retour d'expérience confirme l'efficacité du concept, mais aussi l'intérêt d'un second membre d'équipage pour les missions complexes ; il apporte des enseignements utiles au programme KA52, version biplace du KA50, alors en cours de développement.
Le prototype 061
Utilisé pendant plus d'une décennie comme banc d'essais, le premier KA52 volant a successivement reçu plusieurs configurations de capteurs optroniques : d'abord une tourelle Samshit-E au-dessus du cockpit, puis une optronique intégrée dans un nez redessiné, avant d'adopter une configuration proche des appareils de série avec une boule GOES-451 sous le fuselage. Cette évolution illustre les nombreuses recherches menées avant la définition de l'architecture définitive du KA52.
(Photo Slawek Krajniewski)
Etape 1 : Apparition d'une boule avionique au-dessus du cockpit
(Photo Max Bryansky)
Etape 2 : La boule avionique est maintenant sous le nez de l'appareil
(Photo Kamov)
Etape 3 : Le fuselage recouvre la boule avionique
Le prototype 063 - Bourget 2013
(Photo Stéphane Gimard - Helicopassion)
Prototype n°063 du KA52 Alligator, au Bourget 2013, avec un camouflage vert avec des traits noirs, bleu en-dessous
(Photo Stéphane Gimard - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo Stéphane Gimard - Helicopassion)
(Photo Stéphane Gimard - Helicopassion)
(Photo Max Bryansky)
Prototype n°063 du KA52 Alligator, avec un camouflage 2 tons de bleu
(Illustration Helicopassion · Modifiée par IA)
Comparaison des principaux schémas de camouflage du KA52 : prototype 061 en gris et bleu, appareil de démonstration 063 dans sa livrée du Bourget 2013, livrée grise basse visibilité, camouflage vert des appareils russes récents, KA52K naval et version export égyptienne.
Les deux premiers profils correspondent à des appareils précisément identifiés. Pour les autres versions, les motifs présentés sont représentatifs des principaux schémas observés et peuvent varier selon les appareils et les périodes.
Flotte russe des hélicoptères d'attaque :
| KA52/KA52M | MI28N | MI24/35 | |
|---|---|---|---|
| Flotte estimée (2022) | 100 | 80 | 150 |
| Engagés en Ukraine | 75 | 55 | 95 |
| Pertes (juillet 2026) | 42 | 13 | 18 |
Les photographies suivantes de Vladislav Perminoff ont été prises entre 2014 et 2018.
(Photo Vladislav Perminoff)
Hélicoptère KA52 de l'armée russe à Kubinka 2014
(Photo Vladislav Perminoff)
Hélicoptère KA52 de l'armée russe, le 19 juin 2015 (Army 2015)
(Photo Vladislav Perminoff)
KA52 Alligator n°89 en camouflage sable - gris
(Photo Vladislav Perminoff)
KA52 Alligator n°83 en camouflage sable - gris
(Photo Vladislav Perminoff)
KA52 Alligator n°85 en camouflage sable - vert
(Photo Vladislav Perminoff)Army 2018
(Photo Vladislav Perminoff)Army 2018
(Illustration Kitty Hawk)
Tir de roquettes par un hélicoptère KA52 Alligator
Depuis le 24 février 2022, le KA52 est massivement engagé pour l'appui au sol, la lutte antichar et la protection des axes d'avance, souvent à très basse altitude.
Le premier jour de l'invasion, une trentaine de KA52 escortent les MI8 transportant les parachutistes russes vers l'aéroport Antonov de Hostomel. Leur mission est de neutraliser les défenses ukrainiennes afin de permettre ensuite l'arrivée des IL76 remplis de renforts. Dès l'approche de l'aéroport, les hélicoptères sont pris sous le feu des MANPADS ukrainiens. Plusieurs KA52 sont touchés, l'un d'eux s'abîme dans le Dniepr, d'autres effectuent des atterrissages d'urgence. Malgré la prise temporaire de l'aéroport, les Ukrainiens empêchent finalement l'arrivée des avions de transport, ce qui contribue à l'échec du plan russe visant à s'emparer rapidement de Kiev.
(Illustration Helicopassion · Modifiée par IA)
Un groupe d'assaut composé de plusieurs MI17, escortés par des KA52 Alligator, remonte le Dniepr en direction de l'aéroport d'Hostomel le 24 février 2022
(Illustration Helicopassion · Modifiée par IA)
Sous la protection d'un KA52 Alligator, un MI17 dépose des troupes sur le tarmac de l'aéroport d'Hostomel lors de l'assaut aéroporté du 24 février 2022. Les hélicoptères transportent les éléments chargés de s'emparer de la plateforme afin de permettre l'arrivée des renforts par avions de transport
Cet emploi au plus près du front entraîne rapidement des pertes par missiles sol-air portables. D'autres appareils sont détruits ou endommagés sur leurs bases par des missiles, des drones ou des tirs d'artillerie.
Le KA52 joue de nouveau un rôle très visible lors de la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023. Opérant depuis l’arrière du front, les équipages russes utilisent notamment les missiles antichars Vikhr et Ataka pour frapper à plusieurs kilomètres de distance les chars Leopard 2A6 et les véhicules Bradley ukrainiens ralentis par les champs de mines. Les hélicoptères interviennent à une distance de 8 à 10 km de leurs objectifs, à la limite ou au-delà de la portée de plusieurs systèmes antiaériens à courte portée. Cette combinaison entre obstacles terrestres, observation par drones et tirs d’hélicoptères contribue à freiner les premières attaques ukrainiennes.
(Illustration Helicopassion)
L'embuscade de Mala Tokmachka, le 8 juin 2023, illustre parfaitement la philosophie qui avait présidé à la conception du KA50 dès les années 1980. Intégrés à un dispositif combinant drones, champs de mines, artillerie et guerre électronique, les KA52 frappent à distance les véhicules blindés immobilisés ou ralentis, retrouvant un rôle très proche de celui imaginé à l'origine : interdire la progression d'une offensive mécanisée.
A Mala Tokmachka, 7 chars Leopard et 17 véhicules Bradley furent détruits, mais les jours suivants (16, 17 et 19 juin 2023) 5 KA52 furent détruits à leur tour.
Conçu pendant la Guerre froide, le KA50 n'était pas destiné à accompagner en permanence les troupes au contact, mais à agir comme une plateforme antichar mobile : tirer à longue distance puis changer rapidement de position. Malgré les pertes du début du conflit, le KA52 retrouve en 2023 ce rôle imaginé quarante ans plus tôt, son allonge étant accrue par de nouveaux missiles.
Cette efficacité s’accompagne néanmoins de nombreuses pertes. En juillet 2026, le site spécialisé Oryx recense 69 KA52 russes détruits, endommagés ou capturés depuis février 2022, dont 55 appareils définitivement perdus. Ce bilan ne prend en compte que les appareils dont la perte est attestée par une photographie ou une vidéo : le nombre réel pourrait donc être supérieur. Une partie importante du parc disponible au début de la guerre a ainsi été perdue, même si la poursuite de la production et l’arrivée du KA52M permettent à la Russie de reconstituer progressivement ses unités.
Le KA52 est probablement l'un des hélicoptères de combat les plus médiatisés de ces dernières années. Depuis le début de la guerre en Ukraine, de nombreuses vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant aussi bien l'assaut sur l'aéroport d'Hostomel que des appareils abattus ou contraints à un atterrissage d'urgence. D'autres séquences ont notamment révélé un KA52 regagnant sa base malgré une poutre de queue presque entièrement arrachée, ou encore des hélicoptères détruits au sol par des drones ukrainiens. Ces images illustrent à la fois les capacités de l'appareil et l'évolution des menaces auxquelles sont désormais confrontés les hélicoptères de combat.
À Chornobaïvka, près de Kherson, les frappes ukrainiennes des 15 et 16 mars 2022 détruisent ou endommagent une dizaine d’hélicoptères russes stationnés sur la base avancée. Les images satellites montrent principalement des Mi-24/35 et des Ka-52, sans permettre d’établir avec certitude la répartition exacte des appareils détruits. L’épisode rappelle que la mobilité de l’hélicoptère ne suffit pas à le protéger lorsque ses zones de stationnement et de soutien restent prévisibles et à portée de l’artillerie ennemie.
Le 4 janvier 2016, l'Egypte commande 46 KA52. L'Egypte avait racheter en septembre 2015 les 2 navires d'assaut amphibie Mistral initialement destinés à la Russie dont la vente avait été annulée par la France suite au conflit en Ukraine. Ces navires étaient configurés pour accueillir les hélicoptères russes, ce qui sera donc le cas.
Les 46 appareils effectivement livrés sont toutefois des KA52E terrestres et non des KA52K navalisés. Cette version destinée à l’exportation est adaptée aux conditions climatiques égyptiennes et reçoit notamment une protection renforcée contre la corrosion ainsi que des équipements électroniques spécifiques. Les 15 premiers appareils sont livrés en 2017, les 31 suivant entre 2018 et 2019. Une commande complémentaire de KA52K, équipés de pales et d’ailes repliables pour une utilisation embarquée, a été envisagée mais n’a pas été confirmée.
(Illustration César Rico)
Profil de l'hélicoptère KA52 de l'Armée égyptienne
(Illustration Helicopassion, d'après une photographie d'archives · Modifiée par IA)
Hélicoptère KA52 de l'Armée égyptienne, en camouflage désert
Plusieurs autres pays, parmi lesquels l’Algérie et le Vénézuéla, ont été cités comme clients potentiels, sans qu’une commande ferme puisse être établie.
Images : crédits sous chaque image - Rédaction : André Bour • Crédits & contributeurs
Mis à jour le 30 juillet 2026





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